SURDITES GENETIQUES

 
   
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Les surdités génétiques représentent plus des 50% des étiologies des surdités neurosensorielles. La découverte de l’implication croissante de mutations génétiques va certainement modifier dans le futur l’approche étiologique des ces surdités.

On divise les génosurdités en syndromiques et non syndromiques. La réalisation d’un questionnaire policier associé à un arbre généalogique et à un bon examen clinique ORL et pédiatrique avec un bilan para-clinique minimal permet de différencier les différentes étiologies des surdités.

Génosurdités syndromiques

Elles sont associées à un ou plusieurs autres symptômes cliniques et représentent environ 10 à 15 % des surdités de l’enfant. Elles représentent le tiers des génosurdités. Plus de 500 syndromes ont été décrits et plus de 100 gènes ont été identifiés à ce jour.

Les syndromes les plus fréquents doivent être recherchés par un bilan systématique. La surdité peut être le symptôme principal ou être au deuxième plan par rapport aux autres malformations. Quelques syndromes sont à connaître:

 

Surdités syndromiques

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Génosurdités non-syndromiques

Elles représentent 20 à 25 % des causes de surdités de l’enfant, soit les deux tiers des génosurdités, la surdité étant l’unique symptôme.

Probablement plus de 100 gènes sont en cause. Près de 70 gènes sont localisés et une trentaine de gènes différents est actuellement identifiée.

Les surdités autosomiques récessives ( = connexine 26 et otoferline )

- DFNB1 est la cause la plus fréquente des surdités de l'enfant ; elle est liée au gène de connexine.

Le gène est responsable à lui seul de 30 % des surdités de perception isolées qui surviennent dans l’enfance. La connexine est une protéine transmembranaire, composant de la jonction intercellulaire GAP permettant l’homéostasie de l’endolymphe.

La mutation la plus connue et la plus fréquente du gène de la connexine 26, localisée sur le chromosome 13, est celle de la 35delG, qui est en cause dans 50% des surdités autosomiques récessives dans les populations occidentales et du bassin méditerranéen. Le taux des porteurs sains de la mutation de la connexine 26 est évalué entre 2,5% et 4% de la population française. D’autres mutations sont affectées à différentes populations.

La surdité de perception est prélinguale le plus souvent, moyenne à profonde, bilatérale et symétrique, non peu ou pas évolutive. Il n’existe pas de retard à la marche. L'imagerie de l'oreille interne et les tests vestibulaires sont normaux. Une mutation identique, mais de transmission dominante, a été retrouvée chez des enfants associant anomalies de la peau, kératite et surdité (KID syndrome). D’autres gènes de connexine peuvent être mutés et être à l’origine de surdité, telle la connexine 30.

- DFNB4 est une forme de surdité liée à une mutation du gène de la pendrine (PDS), également retrouvée dans le syndrome de Pendred. La surdité a les même caractéristiques; il existe une malformation de l’oreille interne (dilatation des aqueducs du vestibule), mais pas de pathologie thyroïdienne ; il n’existe donc pas de goitre et le bilan thyroïdien est normal.

dilatation de l'aquéduc du vestibule

- DFNB9 est une forme de surdité liée à une mutation du gène de l’otoferline (OTOF). Ce gène est normalement exprimé au niveau des cellules ciliées internes de l’organe de Corti. Cette protéine, l’otoferline, serait impliquée dans la fusion calcium-dépendante des vésicules synaptiques à la membrane plasmatiques des cellules sensorielles du vestibule et de la cochlée.

La surdité, habituellement sévère à profonde, a les caractéristiques d’une neuropathie auditive aux PEAP mais avec conservation des otoémissions acoustiques (au début tout au moins). Le scanner des rochers est normal. On la nomme la fausse « neuropathie auditive ». La consultation génétique et la pratique systématiques des OEA pourrait permettre, dans l’avenir, de différentier la NA classique d’une mutation du gène de l’Otoferline.

Les surdités autosomiques dominantes

- DFNA2 est une forme de surdité liée à une mutation du gène KCNQ4. Une mutation identique est présente chez les patients atteints du syndrome de Jervell et Lange-Nielsen. La surdité de perception est progressive touchant les fréquences aiguës.

- DFNA9 est une forme de surdité liée à une mutation du gène COCH. La surdité de perception est d’expression tardive (entre 15 et 65 ans) et de progression rapide.

La surdité est classiquement bilatérale, évolutive, associée à des acouphènes. Des signes vestibulaires à types d’instabilité ou de crises vertigineuses peuvent être associés. Le scanner des rochers est normal. Le bilan vestibulaire objective une hypo ou une aréflexie. Le principal diagnostic différentiel est la maladie de Ménière.

- DFNA13 est une forme de surdité liée à une mutation du gène COL11A2. La surdité de perception est stable, touchant les fréquences moyennes.

- DFNA6/DFNA14/DFNA38 regroupe la surdité des basses fréquences. Elle se caractérise par une atteinte de l’audition prédominant sur les basses fréquences ( < 2000 Hz). La surdité apparait dans l’enfance et est lentement progressive. Des mutations du gène WFS1 ont été identifiées.

Les surdités liées au chromosome X

- DFN3 est une forme de surdité liée à une mutation du gène POU3F4. On la nomme le « Geyser labyrinthe » ou pseudo-otospongiose. La surdité est isolée, souvent à composante mixte, de degré variable (moyenne à sévère). Néanmoins, elle peut s’associer à des troubles vestibulaires.

Elle simule une malformation d’oreille moyenne de type blocage ossiculaire. La TDM des rochers est indispensable pour retrouver une dilatation de la cochlée, du vestibule et du conduit auditif interne et empêcher à l’occasion d’une exploration d’oreille un geste de type stapédectomie responsable d’un geyser labyrinthe avec risque de cophose et /ou de méningite. Tout geste platinaire s’accompagne d’une Geyser avec risque important de cophose imposant la réalisation d’un scanner avant tout geste chirurgical de l’enfant.

Les surdités mitochondriales

Les mutations responsables de la surdité sont localisées dans l’ADN mitochondrial. Ces mutations sont essentiellement transmises par la mère à l’ensemble de leurs enfants. L’expressivité de ces mutations est variable, pouvant aussi donner diverses maladies touchant des organes qui sont de grand consommateur d’énergie (cœur, cerveau, rétine, muscle, pancréas). Les signes cliniques, autres que la surdité, sont extrêmement variés: neuropathies, cardiopathies, diabète, dégénérescence rétinienne, …

Actuellement, 8 mutations mitochondriales responsables de surdité neurosensorielles isolées ont été identifiées. La surdité due à la mutation A1555G est reconnue à l’origine d’une susceptibilité de la cochlée de certains patients aux antibiotiques aminosides. La surdité de perception est de sévérité variable et d’évolution progressive.

De nombreuses mutations mitochondriales sont également retrouvées dans certaines génosurdités syndromiques (MELAS, MERRF, MNGIE).

Orientations diagnostiques dans les génosurdités syndromiques en fonction du type de surdité

Si expression rétrocochléaire

DFNB9 (otoferline)

Si expression endocochléaire

TDM

Orientations diagnostiques dans les génosurdités syndromiques en fonction des résultats de la TDM des rochers

 

 
 
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