Les surdités autosomiques récessives
( = connexine 26 et otoferline )
- DFNB1 est la cause la plus fréquente des surdités de l'enfant ; elle est liée au gène de connexine.
Le gène est responsable à lui seul de 30 % des surdités de perception isolées qui surviennent dans l’enfance. La connexine est une protéine transmembranaire, composant de la jonction intercellulaire GAP permettant l’homéostasie de l’endolymphe.
La mutation la plus connue et la plus fréquente du gène de la connexine 26, localisée sur le chromosome 13, est celle de la 35delG, qui est en cause dans 50% des surdités autosomiques récessives dans les populations occidentales et du bassin méditerranéen. Le taux des porteurs sains de la mutation de la connexine 26 est évalué entre 2,5% et 4% de la population française. D’autres mutations sont affectées à différentes populations.
La surdité de perception est prélinguale le plus souvent, moyenne à profonde, bilatérale et symétrique, non peu ou pas évolutive. Il n’existe pas de retard à la marche. L'imagerie de l'oreille interne et les tests vestibulaires sont normaux. Une mutation identique, mais de transmission dominante, a été retrouvée chez des enfants associant anomalies de la peau, kératite et surdité (KID syndrome). D’autres gènes de connexine peuvent être mutés et être à l’origine de surdité, telle la connexine 30.
- DFNB4 est une forme de surdité liée à une mutation du gène de la pendrine (PDS), également retrouvée dans le syndrome de Pendred. La surdité a les même caractéristiques; il existe une malformation de l’oreille interne (dilatation des aqueducs du vestibule), mais pas de pathologie thyroïdienne ; il n’existe donc pas de goitre et le bilan thyroïdien est normal.
- DFNB9 est une forme de surdité liée à une mutation du gène de l’otoferline (OTOF). Ce gène est normalement exprimé au niveau des cellules ciliées internes de l’organe de Corti. Cette protéine, l’otoferline, serait impliquée dans la fusion calcium-dépendante des vésicules synaptiques à la membrane plasmatiques des cellules sensorielles du vestibule et de la cochlée.
La surdité, habituellement sévère à profonde, a les caractéristiques d’une neuropathie auditive aux PEAP mais avec conservation des otoémissions acoustiques (au début tout au moins). Le scanner des rochers est normal. On la nomme la fausse « neuropathie auditive ». La consultation génétique et la pratique systématiques des OEA pourrait permettre, dans l’avenir, de différentier la NA classique d’une mutation du gène de l’Otoferline.
Les surdités autosomiques dominantes
- DFNA2 est
une forme de surdité liée à une mutation
du gène KCNQ4. Une mutation identique est présente
chez les patients atteints du syndrome de Jervell et
Lange-Nielsen. La surdité de
perception est progressive touchant les fréquences aiguës.
- DFNA9 est une forme de surdité liée à une
mutation du gène COCH. La surdité de perception est
d’expression tardive (entre 15 et 65 ans) et de progression
rapide.
La surdité est classiquement bilatérale, évolutive, associée à des acouphènes. Des signes vestibulaires à types d’instabilité ou de crises vertigineuses peuvent être associés. Le scanner des rochers est normal. Le bilan vestibulaire objective une hypo ou une aréflexie. Le principal diagnostic différentiel est la maladie de Ménière.
- DFNA13 est une forme de surdité liée à une
mutation du gène COL11A2. La surdité de
perception est stable, touchant les fréquences
moyennes.
- DFNA6/DFNA14/DFNA38 regroupe la surdité des basses fréquences. Elle se caractérise par une atteinte de l’audition prédominant sur les basses fréquences ( < 2000 Hz). La surdité apparait dans l’enfance et est lentement progressive. Des mutations du gène WFS1 ont été identifiées.
Les surdités liées au chromosome
X
- DFN3 est une forme de surdité liée à une mutation du gène POU3F4. On la nomme le « Geyser labyrinthe » ou pseudo-otospongiose. La surdité est isolée, souvent à composante mixte, de degré variable (moyenne à sévère). Néanmoins, elle peut s’associer à des troubles vestibulaires.
Elle simule une malformation d’oreille moyenne de type blocage ossiculaire. La TDM des rochers est indispensable pour retrouver une dilatation de la cochlée, du vestibule et du conduit auditif interne et empêcher à l’occasion d’une exploration d’oreille un geste de type stapédectomie responsable d’un geyser labyrinthe avec risque de cophose et /ou de méningite. Tout geste platinaire s’accompagne d’une Geyser avec risque important de cophose imposant la réalisation d’un scanner avant tout geste chirurgical de l’enfant.
Les surdités mitochondriales
Les mutations responsables de la surdité sont
localisées dans l’ADN mitochondrial. Ces mutations sont
essentiellement transmises par la mère à l’ensemble
de leurs enfants. L’expressivité de ces mutations est
variable, pouvant aussi donner diverses maladies touchant des organes
qui sont de grand consommateur d’énergie (cœur,
cerveau, rétine, muscle, pancréas). Les signes cliniques,
autres que la surdité, sont extrêmement variés:
neuropathies, cardiopathies, diabète, dégénérescence
rétinienne, …
Actuellement, 8 mutations mitochondriales responsables de surdité neurosensorielles
isolées ont été identifiées. La surdité due à la
mutation A1555G est reconnue à l’origine d’une
susceptibilité de la cochlée de certains patients aux
antibiotiques aminosides. La surdité de perception est de
sévérité variable et d’évolution
progressive.
De nombreuses mutations mitochondriales sont également retrouvées
dans certaines génosurdités syndromiques (MELAS, MERRF,
MNGIE).
Orientations
diagnostiques dans les génosurdités syndromiques
en fonction du type de surdité
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Si expression rétrocochléaire

DFNB9 (otoferline)
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Si expression endocochléaire

TDM
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Orientations diagnostiques dans les génosurdités
syndromiques en fonction des résultats de la TDM des rochers
