La
cavité buccale du nourrisson
La
voûte palatine et le voile
nourrisson

|
adulte
|
-
l'angle
entre les parois postérieures du rhino-pharynx et de
l'oro-pharynx est plus ouvert chez le nourrisson que
chez l'adulte
-
le pharynx
est moins long chez le nourrisson que chez l'adulte
-
le péristaltisme
pharyngé est plus marqué
Le
larynx
-
le plan
glottique est situé plus haut et plus antérieur (chez le
nouveau-né il
se situe au niveau de la troisième vertèbre cervicale)
-
l'os
hyoïde est plus haut et plus antérieur
-
la membrane
thyro-hyoïdienne est plus courte
-
l'épiglotte
a une forme plus tubulaire
-
les aryténoïdes
sont plus volumineuses
-
le chaton
cricoïdien est plus épais, donc une meilleure protection des voies
respiratoires est assurée
larynx
d'un nouveau-né

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larynx d'un enfant 
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larynx d'un adulte

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Physiologie
Le
temps buccal et le temps pharyngé sont plus intriqués chez le nourrisson
que chez l'adulte: le comportement de la séquence "succion-déglutition" constitue
l'acte nutritionnel du nourrisson. Il s'agit d'un comportement réflexe
dont le centre de commande est bulbaire et qui est présent dès la dixième
semaine de vie in utero.
Le
temps buccal du nourrisson: la succion est caractérisée par la
création d'un vide intrabuccal permettant d'aspirer le lait. La création
de ce vide est assurée par plusieurs mécanismes:
-
l'étanchéité au niveau des lèvres est assurée par la forte contraction
de l'orbiculaire des lèvres et des muscles de la houppe du menton,
- l'isthme buccopharyngé est fermé grâce à la contraction du voile sur le dos
de la langue,
- la langue alterne des mouvements de protraction (muscle génioglosse) et des
mouvements de rétropulsion (muscle hyoglosse). La langue se place à la face
inférieure du mamelon ou de la tétine, comprime celui-ci, puis recule en se
creusant en forme de gouttière; le vide intrabuccal créé par la rétropulsion
linguale est encore accentué par l'abaissement de la mandibule (mise en jeu
des muscles sus et sous-hyoïdiens). Le liquide accumulé par plusieurs mouvements
de succion remplit un "réservoir" postérieur formé par le voile apposé sur
la langue ou sur l'épiglotte. La possibilité de têter et de respirer
en même temps est une notion partiellement vraie: pendant les mouvements de
succion, de même que l'adulte pendant la phase préparatoire buccale, le nourrisson
peut continuer à respirer.
Le
temps pharyngé du nourrisson: il succède en moyenne à deux ou
trois mouvements de succion. Il est déclenché par la stimulation
des zones réflexes par le bol lacté. Le temps pharyngé comporte,
comme chez l'adulte, l'occlusion vélopharyngée, l'occlusion laryngée
et le péristaltisme pharyngé. Il diffère en quelques points: la déglutition
se déroule avec les arcades séparées (interposition linguale). L'os
hyoïde et le larynx sont déjà relativement hauts chez le nourrisson
et leur position n'a pas besoin d'être stabilisée par la contraction
des muscles masticateurs. Le mouvement vertical de l'os hyoïde est
moins important que chez l'adulte. D'autre part, le muscle orbiculaire
des lèvres reste fortement contracté pendant le temps pharyngé chez
le nourrisson. Enfin, les études vidéoradioscopiques mettent en évidence
une onde péristaltique pharyngée plus marquée.
Le
temps œsophagien du nourrisson ne semble pas fondamentalement
différent de l'adulte. Le rythme des déglutitions pharyngées est
bien supérieur à celui de l'adulte. Elles ne déclenchent pas à tout
coup une contraction œsophagienne, ce qui peut donner en vidéoradioscopie
l'impression d'un œsophage dilaté. Après une série de déglutitions
pharyngées, la contraction déclenche une onde péristaltique qui vide
l'œsophage de son contenu.
Évolution
du comportement de succion-déglutition vers la déglutition de l'adulte
Cette évolution
débute vers l'âge de 6 mois et se poursuit jusqu'à 36 mois. La maturation
du système nerveux central permet de développer le contrôle volontaire
de la phase buccale. Parallèlement, des modifications anatomiques se
produisent: l'éruption des dents, l'agrandissement de la taille de
la cavité buccale et du pharynx permettent de diversifier les aliments.
La déglutition se "postériorise" avec une absence de contraction des
muscles péribuccaux et la participation plus importante des muscles
rétracteurs et élévateurs de la langue (muscles styloglosses et palatoglosses)
dans la propulsion du bol alimentaire de la cavité buccale vers le
pharynx.
La
contraction des muscles masticateurs permet l'apparition d'une déglutition
avec les arcades dentaires au contact l'une de l'autre. Cependant,
les incisives supérieures et inférieures ne sont en contact que chez
65 % des adultes. La persistance d'une position basse de la langue
au repos et d'une déglutition infantile chez le grand enfant et l'adulte
est un facteur favorisant des dysmorphoses maxillofaciales.

Exploration de la déglutition
Le bilan d’un trouble de déglutition chez l’enfant
peut s’avérer très difficile particulièrement
avant l’âge de 3 ans. Il suppose la collaboration active
de l’enfant et toujours beaucoup de temps. Chez le nourrisson,
il faut respecter les rythmes des tétées, du sommeil,
le réveil naturel, d’une manière plus générale
tous les rythmes circadiens; en conséquence, il faudra souvent
revoir l’enfant plusieurs fois et à des heures bien choisies.
Les examens pédiatriques et ORL sont toujours
indispensables et systématiques, le bilan neurologique pourra être
demandé selon le tableau clinique.
- L’examen clinique doit :
-
analyser : les réflexes archaïques,
les réflexe nauséeux, le réflexe de déglutition,
la motricité buccale et péribuccale et la mastication,
la sensibilité orofaciale, la posture et le tonus,
-
rechercher l’existence d’un bavage,
de stases buccales, de toux lors de la déglutition, de
reflux pharyngonasal, de pauses respiratoires et de désaturation.
- La nasofibroscopie a une tolérance qui dépend
de l’âge de l’enfant : bonne de la naissance à 18
mois, elle devient difficile, voire impossible, entre 18 mois et 3
ans, pour redevenir sans grande difficulté après l’âge
de 3 ans. Elle est indiquée:
-
en cas de suspicion d'une atteinte du temps
pharyngé de
la déglutition: toux, désaturation, infections pulmonaires,
hypersaliorrhée, reflux pharyngo nasal, reflux gastro-oesphagien
(douleur ou pleurs à la déglutition),
-
pour diagnostiquer des anomalies anatomiques et physiologiques,
-
pour évaluer la sécurité de la déglutition
oropharyngée, les motricités vélaire, pharyngée
et laryngée, et pour analyser les stases pharyngées
et les fausses routes trachéales avant et après la
déglutition.
- La vidéoradioscopie est l’examen le
plus complet de la déglutition, mais il ne doit être pratiqué qu’après
un examen nasofibroscopique et une évaluation ORL. Elle doit
respecter les contre-indications telles qu’un niveau de vigilance
insuffisant, des risques majeurs d’inhalations trachéales.
La valeur de cet examen n’existe que replacé dans le contexte
clinique global. Elle est indiquée:
-
pour évaluer l’efficacité et la sécurité de
la déglutition oropharyngée,
-
pour analyser et quantifier les fausses routes,
-
pour diagnostiquer les anomalies anatomiques et physiologiques
sous- jacentes